15/02/2006

15/02/06 - 01:39

Joyeuse Saint-Gérard à tous...!

This year, I'm in love for Valentine's Day... Happy loveday to us...

12/02/2006

12/02/06 - 04:52

Parabole sud-américaine

Loin de moi l'idée de vous parler de ma récente acquisition d'un engin pour capter les ondes hertzio-lobotomisatrices en provenance directe de Santiago de Chili où que c'est moins cher ; non, ce soir, je m'en vais vous conter une petite historiette, comme ça, pour le plaisir. J'espère que vous y reconnaitrez un certain parfum d'authentique, de vraisemblable (et peut-être, malheureusement, de vérité). Asseyez-vous donc confortablement, emmitouflez-vous dans une couette, les pieds dans les charentaises, allumez le feu ouvert et détendez-vous : ce soir, c'est moi qui raconte :) (Et les esprits chagrins qui réclament parce qu'ils n'ont pas de feu ouvert n'ont qu'à faire comme si! Vous croyez vraiment que j'en ai un dans mon 16m²??? Non mais...)

Il était une fois, au fin fond de la forêt Amazonienne, une minuscule tribu d'indigènes aux moeurs particulièrement raffinés : les Troizèffes. Vivant en autarcie non loin du bras d'un fleuve, ils avaient atteint au fil des siècles un degré de civilisation inégalable pour l'époque : une cité prospère sétait étalée dans une vaste clairière, et les monuments, pyramides à degrés et maisons à étages s'organisaient en rues savamment pensées. Les habitants coulaient des jours paisibles à l'ombre des murs de pierre blanche, sous la houlette de leur cher et vénéré chef de clan : TrönchdeCeeK.
Un jour, le grand sage eut une révélation : leur dieu, dans sa toute-puissante bienveillance, venait de lui confier le secret du bonheur éternel ! A vrai dire, la nouvelle tombait à pic ; une tempête d'une violence peu banale avait détruit les trois-quarts de leurs récoltes, et la famine menaçait. Trouver un peu de réconfort en ces temps difficiles leur serait profitable, ils devaient songer à se serrer les coudes pour aller de l'avant. TrönchdeCeek leur livra alors la parole divine : désormais, pour trouver du courage partout sur leur route, ils allaient utiliser le moyen de propagande le plus public qui soit : leurs propres visages. Et oui, à partir de maintenant, chaque Troizèffe porterait un masque, souriant, amène, et ainsi tous pourraient contempler le bonheur des autres, contribuant ainsi à contruire le leur, jour après jour, face à l'adversité. (Il semblerait d'après des études ultérieures que cette prétendue "révélation" ait été soufflée au grand prêtre par Gueldepou, son adjoint, qui aurait eu un faciès particulièrement répugnant - mais c'est une information à mettre au conditionnel) Ainsi, les Troizèffes s'attelèrent à la confection de leurs masques, et bientôt, les visages souriants fleurirent partout dans la cité. Et cela fonctionna, cela fonctionna même si bien que ce qui ne devait durer qu'une saison s'étira tout au long de l'année, et de l'année suivante, et de celle qui suivit. Bientôt, les habitants ne quittèrent plus leurs masques, ces instruments qui leur prodiguaient un bonheur quotidien... TrönchdeCeek finit par mourir de vieillesse, son masque figé à jamais sur une joie éternelle. TëtdeVô, son fils, lui succéda ; il imposa alors les masques comme une loi, non plus une nécessité. Les habitants ne les quittaient plus, même pour dormir : ils étaient lancés dans une quête éffrénée du bonheur, du sourire immuable, et petit à petit, le temps passant inexorablement, les masques ne cachèrent plus rien : ils avaient bel et bien remplacés les visages. Les Troizèffes n'étaient plus que des masques, des sourires morts, cristallisés sur des panneaux de bois sculpté. Mais dans leur course contre le malheur, ils en oubliaient les problèmes : jamais un masque n'avait pu contenir une épidémie fulgurante, une dépression nerveuse, un cataclysme quelconque. Trop occupés à vouloir prodiguer bonne humeur à leurs concitoyens, ils ne prenaient plus jamais la peine de se pencher sur leurs malheurs, allant jusqu'à se mentir à eux-mêmes, regardant alors dans un miroir le reflet de leur propre rictus pour se convaincre que tout allait bien. Alors la misère s'installa sur ce terrain fertile, où personne ne semblait vouloir la combattre : bientôt, maladies mortelles, famine, déprime, prospérèrent dans le coeur friable de la cité Troizèffe. Et arriva ce qui devait arriver : les hommes masqués tombèrent peu à peu, lentement mais sûrement, sans que personne ne réagisse : visiblement, tout allait bien, il suffisait de voir tous ces sourires... Terrassée par une mort implacable, la civilisation jadis tellement brillante finit par s'effondrer. Les Troizèffes n'étaient plus : ils avaient succombé aux trois défauts qui justement étaient à l'origine même de leur nom. Façade. Facilité. Fuite.

Ainsi s'achève la triste destinée des Troizèffes. Improvisation libre, copyrightée moi-même. Et pour achever, je vous livre ici un document exceptionnel, d'une rareté sans précédent : un cliché d'un authentique masque Troizèffe. Bonne nuit les p'tits z'enfants!

 

Ambiances...
...sonores...
"For You", Tracy Chapman
...littéraires...
"Des Fleurs Pour Algernon", Daniel Keyes
...parfumées...
Cristaux de sel
...météo...
Vous croyez qu'ils donnaient la météo, après Hiroshima?

Belles, drôles, douces...Mes vibrations du moment.



A lire, à aimer, à détester... A découvrir, quoi qu'il en soit... Moi, je les lis en tout cas :
- Hugoindigo
- Jowy, mon clafoutis compatriote
- Morrissey, un autre compatriote. Sans cerises, lui.
- Dans la série "Les Belges", je demande Arnieoflovers que je commence à découvrir...
- Faites donc un détour par chez Cosmic Teddy, l'ourson de l'espace...
- Trankil, Mon homme des steppes à moi, qui aura toujours sa place ici-bas...
- Maleficio, l'homme-qui-veille, dispensateur de conseils avisés devant l'éternel et routard égaré sur pistes glissantes...
- Alexander-Beetle, le cafard toulousain, à l'aura aussi rose que sa ville, tout en malice et intellect :)